samedi juillet 2009
sam
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juil '09
Jungle : second essai transformé
Dans la rubrique Pérou
De Cuzco, ville animée...nous avons rejoint Puerto Maldonado (en avion, on ne se refuse rien! ...... sinon c'était 30 heures de bus aller.... et 50 ensuite pour le retour à Lima) , ville tout aussi animée, mais rien à voir.
En arrivant, nous sommes asphixiés par la chaleur qui y règne après avoir été habitués au climat des hauteurs des cités incas.
C'est la porte d'entrée de la jungle, « la selva » comme ça se dit en espagnol. Nous sommes au sud-est du Pérou à 200 km du Brésil.
On ne peut pas dire que la ville soit belle, mais il y règne une ambiance « tropicale ».
Les voitures sont rares, en revanche les rues sont sillonées par des motos, des mototaxis, et des pousse-pousse motorisés, tous bruyants et se faufilant dangereusement dans la circulation.
Les bodegitas où se vendent boissons fraîches, épicerie et fruits de la selva sont nombreuses et les tablées de gens rassemblés autour d'un poulet grillé ou autres grillades pullulent.
Nous n'avions rien de réservé ni de programmé, à l'inverse de nos semblables touristicus qu'attendaient, à la sortie de l'aéroport, guides tenant pancartes nominatives et 4x4 style safari club.
Si nous n'avions pas voulu nous fatiguer à chercher comment aller passer quelques jours dans la selva et optimiser le déplacement à Puerto Maldonado, il suffisait de pousser la porte d'une des agences et poser les billets sur la table, mais l'esprit « excursion toute organisée pour nantis » n'était pas trop à notre goût.
Nous nous sommes donc dirigés vers les ports respectifs des deux rios (Le rio Madre de Dios et le Rio Tambopata sont deux affluants de l'Amazone) bordant la ville pour nous renseigner directement auprès des propriétaires de bateaux sur les possibilités de remonter le fleuve parcourant la selva.
Après quelques heures éprouvantes (marcher à l'autre bout de la ville sacs au dos sous un soleil de plomb) nous trouvons un monsieur qui nous dit qu'il existe un bateau public le lendemain pour se rendre à la communauté Baltimore, sur laquelle nous avions lu une ligne assez succinte sur le guide.
Heureusement que nous n'avons pas tenté d'y aller au p'tit bonheur la chance, comme nous avions pensé le faire, car la comunauté ne vit pas groupée, mais dispersée sur les berges du rio Tambopata sur 15 km de long.
Chaque famille vit sur des terres d'environ un km².
Au lieu de ça, nous avons rencontré Victor Ramirez, qui passait par là par hasard et s'est fait dire que nous cherchions à visiter Baltimore. Certes ça fait pas trop indigène comme nom de famille.
Les gens vivant là sont en fait plus proches de colons que des indigènes qui sont eux plus loin encore dans des régions non accessibles... ou alors avec une machette dans chaque main et un bandeau autour de la tête.
Il nous a emmenés dans une petite pièce d'une maison à l'écart tout juste improvisée en bureau depuis quelques jours à peine.
Victor et son frère Edouardo issus d'une famille de 11 enfants ont le projet d'accueillir des touristes dans leur maison familiale dans la selva et leurs faire connaître la communauté Baltimore et leur mileu de vie naturel.
En somme, ils voudraient faire de l'écotourisme. Ce sont des gens honnêtes et encore un peu naïfs et idéalistes (pas de ceux que l'on rencontre dans les agences).
Ils nous parlent mieux des différences entre les moteurs hors bord « dieciseis atché Pé » (16HP) et « sesenta atché Pé » (60HP) que du programme du séjour.
Les 3 jours passés en leur compagnie ont été fabuleux. On était quasiment les premiers touristes à l'hospadaje, reçu plus comme des amis que comme des gringos.
Certes, c'était pas le luxe et ils étaient encore pas vraiment rodés, mais si seulement ils pouvaient rester aussi gentils, aimables et vrais par la suite, ce sera vraiment une adresse en or.
On a essayé de leur rendre un peu de leur accueil avec quelques conseils sur ce que vont attendre les autres touristes, en imprimant quelques photos au retour pour montrer ce qu'on peut y faire : pêche du piranha, observation, baignade, visite des voisins, détente....
Bon, il faut dire aussi qu'on était plus que privilégiés, seuls pour aller rendre visite au chaman (juste à côté du centre de santé, on sait jamais), goûter sa boisson (fermentée...) aux 7 racines, etc..
Au milieu d'un groupe de 10 américains bruyants à casquette et lunettes de soleil, on ne vit vraiment pas les choses de la même façon.
Nous avons donc embarqué sur l'Inca Express,
une barque collectivo au moteur 16HP, de bonne heure le lendemain matin, pour se rendre jusque la communauté.
Nous partageons le bateau avec les gens de Baltimore et leurs affaires : un filet où se débattaient péniblement 5 ou 6 poules complètement serrées les unes sur les autres, deux pauvres chiens maigres attachés à une corde, des poussins qui courraient à nos pieds, un superbe coq qui avait droit à un taitement de faveur : pattes liées, mais seul et à l'air libre, un autre sac avec des choses vivantes non identifiées dedans ... et quantités de sacs, machettes, provisions....
Nous étions les deux seuls gringos à bord de de vieux rafiot.
Bon, par contre, si on n'avait pas compris la différence 16HP et 60HP, on aurait très vite remarqué que tous les bateaux pleins de gringos affublés de beaux gilets de sauvetage orange fluos allaient au moins 3 fois plus vite.
En revanche pour nous, la « croisière » a duré au moins 10 heures, ponctuée de quelques acostages où les gens ont à peine le temps de sauter du bateau; mieux vaut éviter d'avoir envie de pisser...
Nous tâchions de retenir notre excitation et de ne pas sortir l'appareil photo à tout va pour ne pas trop se faire remarquer...Difficile en voyant un caïman, des capybaras....
la plupart des gens du bateau, eux, s'en fouttent... ou réagissent mollement quand il s'agit de gibier.
« Oh ! le beau capybara ! regarde! ». Un gamin tapotte David sur le bras et lui dit « comer » (manger). Sa mamie complète l'explication en mimant un fusil « pan pan ».
Pendant le séjour on a aperçu du fleuve ou dans la forêt d'autres animaux :
- des quantités de tortues, à la queue leu leu sur une branche d'arbre dépassant de l'eau, prenant le soleil et imperturbables malgré les papillons rouges posés sur leurs nez;
un gros caïman (Caro n'était plus certaine de l'avoir vu, puisque en passant à côté personne ne s'est manifesté), mais nous en avons revus des plus petits par la suite
depuis le bateau d'Edouardo avec Victor, un autre frère, les femmes voisines et leurs neveux, nièces....bref cette fois-ci on avait des témoins.
un serpent ... mais celui là on était content de le voir fuir, car on nous a décrit par la suite les symptômes en cas de piqûre précédant la mort....bouh
des perroquets : des gros, des petits, des rouges des verts, des bleus...
des singes : pas si facile à les observer sauf s'ils sont nourris pour les attirer et que les toursites les voient sans effort. On les a beaucoup entendus en marchant dans la selva, mais malins comme des singes, ils se sauvaient de quelques mètres à notre approche et reprenaient leurs hurlements. Ils nous ont fait tourner en bourrique, mais on a eu la chance d'en voir quand-même à un moment inattendu
des oiseaux de toutes sortes, des papillons, des insectes
sans compter le bruit ambiant de tous les autres animaux, insectes et oiseaux.
Outre la faune, la flore :
Nos ballades nous ont permis de voir des tas d'arbres, de plantes, de fruits.... dont nous ne retiendrons pas les noms.
Sinon on a gouté aux poissons du rio,
, aux fruits qui poussaient dans le « jardin » (oranges, pamplemousses, citrons, papaye, cocos, noix du Brésil
, avocats, le fruit du cacao, caramboles, grenades, pastèques...)
Au retour, 4 heures de marche à travers la Selva jusqu'à la route Cusco-Puerto Maldonado,
puis stop. Caroline et Victor ont eu droit au coffre d'un break (à 3 dedans, il y avait déjà un auto-stoppeur) et David et Eduardo à l'arrière d'un pick-up.
Si, par hasard, des gens intéressés par aller visiter la communauté Baltimore tombent sur le blog, on précise qu'au départ Victor nous proposait un aller en voiture privée, la marche de 4h, puis un retour en bateau, privé également. Le retour par le fleuve aurait été moins long, on descend le courant. C'est nous qui avons préféré cette solution plus amusante et nettement moins chère (pas de collectivo le jour de notre retour, le bateau privé est cher).
On était un peu restés sur notre faim après notre première visite dans la Selva en Bolivie. Il manquait la magie de la jungle, le bruit, les rencontres avec les gens, les animaux, les moustiques aussi, là c'est bon on a bien dégusté...
Eh bien maintenant, on est vraiment comblés. L'Hospedaje « El Gato » est un peu notre coup de coeur. D'ailleurs, on va écrire aux guides de voyage pour recommander chaudement Victor et la communauté Baltimore dont voici les cordonnées complètes :
www.baltimoreperu.org.pe
casa hospedaje « EL GATO »
telefono : 082-982-742101
PUERTO MALDONADO
Adresse du petit bureau : 1era cuadra Junin, detras del estadio, PUERTO MALDONADO
Bon d'un autre côté, le contact avec les touristes va certainement les rendre plus policés, plus fade, moins adorables, plus pros aussi, mais il y a de la marge avant qu'ils deviennent comme les autres prestataires de services touristiques rencontrés pendant notre voyage.
Bon sinon on est à Lima... voilà c´est presque tout ce qu'il y a à en dire : garua (brume de l'océan) toute la journée et des chauffards.


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